ARTS et ARTISTES à MONTGERON
Salon d'automne 2017

Christiane Gervaise vit à la campagne, le Coutançais et le sud de la Manche, pays de bocage, de chemins creux, jamais loin de la mer ; des villages, des bourgs comme Sourdeval, Montmartin. Tels sont les lieux dont elle est pénétrée ; aujourd'hui, elle nous en fait connaître particulièrement les paysages.
Son désir de peindre remonte à son enfance. Il lui a fallu imposer cette pratique des Beaux-Arts essentielle pour la future artiste. Après avoir fréquenté l’École des Beaux-Arts de Saint-Lô, Christiane Gervaise a été diplômée de l’École Supérieure des Arts Modernes de Paris puis a participé à l’atelier de Philippe Lejeune, fondateur en 1969 de « l’École d’Étampes ». Cette "École d’Étampes" veut revenir à une forme de réalisme classique qui tente d'aller au-delà du visible pour célébrer le rayonnement des êtres et des choses. Dans ce mouvement Christiane Gervaise a trouvé la voie qui lui a permis d’exprimer notamment sa relation à la nature.
Au cours de ses promenades, elle explique comment elle se laisse saisir par l’émotion que provoquent un jeu de lumières, la silhouette d’un arbre, un reflet ; même les senteurs de la terre éveillent en elle des sensations particulières. Une pulsion soudaine l’anime, déclenchant une envie de peindre pour exprimer ce qu’elle voit et ce qu’elle ressent. Une première impression est fixée sur place, mémorisée par une étude rapide au crayon, fusain, aquarelle ou gouache. Peut-être est-ce cette émotion personnelle qui va donner à l’œuvre sa singularité, son caractère particulier. Mais le travail de la peintre ne peut pas en rester là.
Dans l’atelier, la reprise à l’huile, sur toile, de la première étude réalisée sur le motif, permet d’épurer l’ensemble le plus possible, de réaménager la composition, de préciser l’ambiance et d’affiner la lumière, de créer une atmosphère, notamment par l’équilibre des couleurs. L'oeuvre intitulée "Espérance" reflète bien cette recherche. « Combien la préparation de la palette est importante ! » dit-elle. Toute sa démarche alors correspond à l'"approche apprivoisée" de la représentation choisie. De l’émotion à la raison. Que la raison fasse équilibre à la passion ! L’Art de Christiane donne la sensation d’une force tranquille et maîtrisée. "Lyrisme équilibré" qui peut approcher l'abstraction comme dans les tableaux inspirés par le marais.
Il en va de même dans les scènes urbaines. Par exemple, dans "Les Bouquinistes" le lien entre les boites de livres et l'environnement des quais, renouvelle l'image pittoresque parisienne.
Pour les portraits, tous les modèles ne lui « parlent » pas, dit notre peintre. Mais « certains dégagent quelque chose » ; il suffit parfois d'une attitude pour représenter une vie. Dans "Grand-mère au jardin", le peintre a saisi un sujet vu dans l'encadrement d'une porte ; la silhouette d'une femme âgée penchée sur ses fleurs exprime la sagesse attentive d'une vie modeste.
« La transfiguration est le but de l’Art et ce n’est pas ce que nous regardons qui compte, mais le lieu, en nous même, d’où nous regardons ». Peut-être cette citation de Louis Pauwels nous aide-t-elle à mieux comprendre et apprécier l’oeuvre de Christiane Gervaise.
Merci Christiane.

Le 10 novembre 2017

Bernard THERRIÉ, Président de l’association Arts et Artistes

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